Les premiers SAS français

Publié le par lio21121

Ou il est question des premiers SAS français....petit extrait

LES LETTRES DE NOBLESSE DES PARAS

Comment naquirent les premiers S.A.S. français Dans notre armée de bérets bleus, le béret rouge est le signe distinctif du parachutiste. Il a détrôné le béret bleu des compagnies de fusiliers de l'air dont le 1er RCP porte encore le charognard sur les pattes d'épaules. Le rouge est le fils spirituel de l'amarante des paras anglais porté dès 1943 par nos anciens de la brigade SAS. SAS : Ce sigle sibyllin que le cinéma a auréolé d'explosions de plastic, de rafales de Stenguns, d'éclairs de poignards « commando » et de durs basanés aux cœurs d'artichauts a, en fait, son origine dans un éclat d'humour anglais.

 

LES BÉRETS BLANCS

Au printemps de 1941, Sir David Stirling, sportsman écossais qui avait cru trouver son épanouissement militaire au 8° Commando des Scotch Guards, gisait dans un hôpital du Caire, les jambes brisées par un malheureux saut en parachute qu'il avait fait pour tuer l'ennui où croupissait son groupe de commandos, la « Lay force ». Pendant ce bref contact avec les aérodromes, Sir David avait été surpris de la facilité qu'il y aurait à détruire les avions de la R.A.F., largement dispersés pour éviter les effets des bombardements de l'Aeronautica Italiana et peu gardés tant à cause de cette dispersion que du manque d'unité spécialisée et de la sécurité insouciante dans laquelle vivait la R.A.F.

Le Lieutenant Stirling pensait qu'il y aurait là un travail facile pour de petits commandos parachutés près des aérodromes ennemis qui ne devaient pas être logés à meilleure enseigne. Son idée n'eut aucun écho auprès des responsables de l'E.M. qui n'appréciaient pas ces unités non endivisionnées dont l'emploi et le TED n'apparaissaient pas sur les mémentos ad hoc. Ils n'avaient de cesse de dissoudre la Lay force sans lui donner de rejeton. Ritchie, Général commandant le T.O. du Moyen Orient, avait quant à lui, pas mal de soucis avec l'arrivée en Cyrénaïque des stukas allemands. Il s'emballa pour la proposition de David Stirling qu'il autorisa à rassembler par volontariat 7 officiers et 55 hommes qui formeraient un détachement de la Lay force : le détachment « L ». Dans le même temps, le Général Dudley Clarke de l'E.M. du Moyen Orient, lançait une campagne d'intoxication pour faire croire que des renforts de parachutistes venaient d'arriver d'Angleterre.

Lorsqu'il sut que le « L Détachment » apprenait à sauter en parachute pour aller détruire les avions ennemis sur leurs bases, Clarke fit le rapprochement avec le travail d'une unité de la Navy, le S.B.S. (Spécial Boat Service) dont les hommes grenouilles étaient prévus pour aller saboter les navires italiens. Par analogie, et peut-être par dérision, il créa le sigle S.A.S., Spécial Air Service, pour désigner l'unité fantôme de sa campagne d'intoxication. Le commando Stirling devint le « Détachement L du « SAS ». Ce qui pouvait laisser supposer qu'il y avait quelque part des détachements A, B, C,...

 

UN INSIGNE, UNE DEVISE

En janvier 1942, après l'échec de sa première et unique opération parachutée, Stirling voulut regonfler le moral de ses hommes. Il créa un insigne : le poignard ailé ; choisit une devise : « Oui ose, gagne ». Après sa première opération, chaque homme percevrait un béret blanc et s'il avait détruit un avion, coudrait sur son blouson les ailes de la R.A.F. frappées d'un parachute. Le béret blanc n'eut pas de succès dans les bars de Port Saïd et du Caire, bases arrière annexes du L Détachement. Les SAS, tous Écossais ou Irlandais, portaient avec fierté le béret à pompon ou le calot à rubans de leurs unités des Hautes ou Basses Terres. Pour les opérations on leur avait donné le chapeau de feutre des Anzacs, ils lui préférèrent le foulard « à la pirate ». Les Français arrivèrent au « L Détachment » en janvier 1942. Ils en formèrent la moitié de l'effectif. Ces 50 hommes portaient le béret des chasseurs à pied.

 

LEURS COMBATS

Avant l'arrivée des Français, le L Detachement » avait tenté d'attaquer les aérodromes de Gazala-Timimi le 16 novembre 1941. Le parachutage de nuit, par vent de 30 m/seconde et sous une violente tempête de sable fut une catastrophe. Aucune mission ne put être remplie. Un commando de 12 hommes « s'évapora » dans le désert. Un avion en perdition se posa sur un aérodrome allemand, Le « Long Range Désert Group » ne récupéra que 4 officiers et 18 hommes sur les 7 et 55 engagés. Ce fut la seule opération aéroportée du « L Detachment au Moyen Orient. Par la suite, sa mise en place fut assurée par infiltration avec les véhicules du « LR DG » ou ceux propres du SAS en 1943.

Une seule tentative de transport par la Navy échoua devant Tobrouk et Benghazi en 1942. Ils combattaient par commandos de 3 à 5 hommes. Se glissant de nuit dans les aérodromes. Ils plaçaient sur les avions, les camions citernes, etc., de petites bombes magnétiques de leur invention. Les aérodromes furent de mieux en mieux défendus et en août 1942, le détachment « L » dut attaquer en force celui de Sidi Hanish. Quinze jeeps équipées de 2 affûts bitubes Vickers, tirant 1.000 coups pièce/minute escadronnèrent 5 minutes sur les taxiways, incendiant JU 52, Henkels et Stukas, puis s'évanouirent dans le désert. Ils s'attaquèrent ensuite à l'axe de ravitaillement et aux dépôts de l'Afrika Korps.

En 1943, ils furent engagés dans le Sud tunisien pour aider au forcement de ligne Mareth. Ils y furent décimés, car Rommel avait créé des troupes spéciales pour leur donner la chasse. David Stirling, le « major fantôme » fut capturé. Les SAS périclitèrent ; car il n'avait pas d'adjoint de sa taille tant sur le plan militaire que sur celui des relations nécessaires pour assurer la survie d'une unité aussi « pittoresque » qu'autonome. Aux ordres du Commandant Bergé, le détachement comprenait 50 chasseurs parachutistes de F.F.L., brevetés en Angleterre et stationnés, désœuvrés, en Syrie : tous des fanas. Ils furent d'abord engagés séparément, puis mélangés aux commandos britanniques. On trouve les noms de ceux qui participèrent aux opérations de 1942 dans un livre à la gloire de Sir David Stirling, « The Phantom Major ».

 

1° - Leur premier combat eut lieu le 13 juin 1942. Cinq commandos étaient engagés :

 

a) Aérodrome de Derna Lieutenant Jourdan et 3 commandos. 45 Sous-officiers et chasseurs : Gillet, Tourneret, Royer J. et G., de Bourmont, Vidal, Drezen, Prados, Guichaoua, James, Jouanny, Legoff, Geiger, Logeais, engagés avec 3 hommes du SIG (Haas, Gottlieb, Bruckner). Le SIG était un commando à base de Juifs allemands déguisés en soldats de l'Afrika Korps. Ces 18 hommes furent livrés aux Allemands par le nommé Bruckner, ancien légionnaire et faux déserteur de l'A.K. Seul Jourdan échappa à la capture et à la mort.

 

b) Aérodrome de Berka : Aspirant Zirnheld, sous-officiers et chasseurs Bouard, Fouquet, Itturia, Legall. 11 bombardiers détruits après combat.

 

c) Aérodrome de Heraklion (Crète) : Le « L Detachment of the S.A.S.» partit en Grande-Bretagne pour y former une unité régulière, la Brigade SAS qui comprit 2 régiments britanniques et 2 français. Sans compter les véhicules et dépôts détruits, le « L D. », créé pour casser de l'avion, en avait détruit plus de 250 dont 200 peuvent être mis à l'actif du seul Capitaine Paddy Maine : aucune escadrille de la RAF n'avait alors atteint ce score. Commandant Bergé, sous-officier et chasseurs Mounhot, Sibert, Leostic. 21 Stukas, 4 camions citernes, 1 dépôt d'essence détruits. Ils furent livrés aux Allemands par un Grec.

 

2° - Pendant Pété 1942, eurent lieu les dernières attaques d'aérodromes. Le Sous-Lieutenant Jaquier et les chasseurs Martin, Lagèze, Boutinot attaquèrent celui de Barcé. 3° - Puis les Français ne furent plus différenciés des Britanniques. On relève encore en 1942 les noms des aspirants Legrand, Klein, Harent et des chasseurs Guegan, Boven, Hurin, Lervy, Taxis et Melis qui opéraient sur les dépôts de l'Afrika Korps. Ce sont là les noms des premiers SAS français qui combattirent en Afrique. Le 10 janvier 1943, les commandos Jourdan et Klein furent engagés dans le Sud tunisien entre Sfax et la ligne Mareth. Après des succès initiaux, ils furent livrés aux Germano-italiens par des paysans tunisiens les 25 et 28 janvier 1943. Les rescapés suivirent le sort du « L Detachment » et formèrent le noyau du 2° Régiment SAS. Source : N106 Béret rouge décembre – janvier 1970

Publié dans DIVERS

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charly 18/11/2010 11:26



ouha! bien documenté, merci, je vais lire ça plus complètement à tète reposée (si, si, ça lui arrive!)


Merci Lio.